Une Réserve Naturelle Régionale sur notre commune

C'est dans le cadre de l'étude d’impact réalisée en 1999 par la société Lafarge Granulats Ouest pour l'ouverture d’une sablière à Saint-Colomban, qu'une petite zone bocagère remarquablement préservée est mise en évidence.

Ce petit « conservatoire bocager », témoin de l'agriculture traditionnelle d'avant guerre, a quasiment conservé sa structure originelle avec ses haies, mares et prairies naturelles.
Il abrite de nombreuses espèces animales et végétales : la plupart communes mais certaines beaucoup plus rares comme le triton de Blasius, le Crapaud calamite ou encore le flûteau nageant....
Car le bocage, milieu autrefois banal et recouvrant la quasi totalité du quart Nord Ouest de la France, a aujourd'hui disparu de nombreux secteurs suite notamment aux remembrements et à la mécanisation de l'agriculture d'après guerre. De nombreuses espèces occupant ces espaces bocagers se raréfient petit à petit victimes également de la disparition constante des mares ou de la concurrence avec de nouveaux arrivés, comme le ragondin.

De nombreuses associations, habitants, élus de la commune et le propriétaire du site (Lafarge Granulats Ouest) se mobilisent pour préserver ce petit espace bocager.

En 2002, une association locale de protection de l’environnement, l’Association pour une Gestion Intercommunale de L’Environnement (AGILE) permet l'inscription à l'inventaire ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt écologique, faunistique et floristique) de cet espace bocager.

A l’automne 2007, Lafarge Granulats Ouest, la commune de Saint Colomban et le CPIE Logne et Grand Lieu mettent en œuvre avec l'aide du Conseil Régional des Pays de la Loire une action de restauration des mares du site.

C’est dans ce contexte qu’une réelle dynamique est impulsée en 2008  avec la mobilisation et l'implication d'une multitude d'acteurs locaux : exploitants agricoles, chasseurs, représentants d'associations, élus, randonneurs, animateurs environnement,... Outre l'organisation d'actions de sensibilisation (sorties sur le site, chantier de jeunes bénévoles, réunions publiques ...), un comité de suivi, composé d'acteurs intéressés et compétents pour prendre part à la conservation et à la gestion du site, est constitué cette même année.

Afin d'assurer une préservation à long terme cet espace, germe l'idée de « classer » ce site en espace protégé. C'est ainsi que naît le projet de réserve Naturelle Régionale.
En 2011, le CSRPN (Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel) avait émis un avis favorable à la première phase de labellisation du « Bocage Humide des Cailleries » en Réserve Naturelle Régionale.
Ainsi, pendant deux ans, les acteurs du projet ont travaillé à la construction d'un plan de gestion du site. Ce document définit les objectifs et les opérations à mener sur 6 ans pour garantir la préservation des habitats et des espèces présentes, tout en y maintenant les activités humaines (agriculture, chasse, promenade, éducation à l’environnement,…).

Il a ensuite été présenté le 26 juin 2012 devant le CSRPN qui a émis un avis favorable sur ce programme d’actions.
Ainsi le 19 novembre, le Conseil Régional des Pays de la Loire a donc officiellement labellisé en Réserve Naturelle Régionale le « Bocage Humide des Cailleries » rejoignant ainsi un réseau de 18 espaces remarquables. Avec ce site, 4 autres RNR ont été également labellisées à cette même date : le Marais de Brière en Loire-Atlantique, les Basses Brosses et Chevalleries en Maine-et-Loire, et enfin, la Ferme de Choisy et le marais communal de Poiré-sur-Veluire en Vendée.

La mise en œuvre du plan de gestion a démarré en 2013, dans la continuité du partenariat engagé depuis 2008 entre Lafarge Granulats Ouest (LGO), la commune de Saint-Colomban, le CPIE et l'ensemble des acteurs de ce projet.

Il permet de :

  • préserver les habitats (mares, haies, prairies, boisements) notamment par le maintien d'une agriculture traditionnelle,
  • de réaliser un suivi scientifique de la faune et la flore,
  • de mettre en place les moyens d'accueillir le public pour lui permettre de découvrir le site sans dérangement ni destruction accidentelle d'espèces sauvages,
  • d'utiliser le site comme support d'éducation à l'environnement,
  • de faire cohabiter des activités humaines variées (chasse, promenade,...)

Témoignages :

Alexandre Lehoux, chargé de mission environnement au CPIE Logne et Grand-Lieu
"Ce petit espace bocager d'une vingtaine d'hectares m'a d'abord séduit par son caractère "originel", un témoin de la campagne "d'autrefois". Et depuis, j'apprends petit à petit à le connaître pour participer au mieux à sa préservation. Et dans cette espace de cohabitation entre l'homme et la nature, si on trouve une grande richesse naturelle, on y construit des relations humaines tout aussi riches. »

Jacki Herbet, association AGILE
« Ce dont je me souviens, ce sont des sorties avec Didier Montfort (Ouest Aménagement) en 1999 à la recherche des tritons. C'est là que l'intérêt de ce site est apparu. C'est ensuite du travail de l'association AGILE et la déclaration en ZNIEFF en 2002. Et puis l'arrivée des chevaux en 2009 quand l'idée d'une réserve naturelle est devenue un projet réaliste… Quatorze années pour passer d'une idée à une réalité. »

GAEC de Rublé, exploitant agricole sur le site
Nous exploitons une partie des prairies naturelles du site des Cailleries à titre gratuit, en contre partie ces terres sont utilisées de façon totalement naturelle, sans aucun apport ni labour. Ces prairies sont pâturées par nos animaux et fauchées l’été, elles sont conduites en agriculture biologique comme le reste de la ferme.

Francis Girard, association de chasse « les Amis Réunis »
Les chasseurs de l’Amicale des AMIS REUNIS apprécient la réserve des Cailleries en tant que telle, pour la pratique de leur sport, dans un contexte paysager naturel qu’ils n’ont plus hélas l’habitude de fréquenter.
De plus, la relation avec les autres usagers du site, marcheurs, V.T.T…. est très bonne.

Paul-Emile Bouron, Lafarge Granulats Ouest, propriétaire du site
Je me souviens de ma première participation au  comité de suivi. J’ai été surpris de voir l’implication d’autant  d’acteurs d’horizons divers. C’est d’ailleurs la force de ce projet, qui montre que la concertation et l’implication de tous permettent de préserver un milieu naturel tout en conciliant les intérêts de chacun. Aujourd’hui, 10 ans après le lancement du projet, la mise en place de la  RNR nous offre un bel outil de découverte, d’échanges et d’éducation à l’environnement.

Témoignage des enseignants et des élèves dont les classes participent à un projet de découverte du site tout au long de l'année scolaire :

Nadège Hervo, enseignante en CM1 à l'école Saint-Louis
"Les Cailleries, c'est un paysage proche des enfants mais auquel ils ne prêtent pas forcément attention. Ce site leur deviendra familier et je pense qu'à terme ils seront plus attentifs à leur environnement le plus proche si on leur donne des clés pour le découvrir et le connaître. D'un point de vue géographique et scientifique, il est très approprié pour être exploité avec des élèves. Pourquoi ne pas approfondir ensuite le côté historique et humain? L'intérêt suscité est certain"

Classe de Niels Goldberger (CM2 école Jacques Prévert)
Un environnement familier mais qui recèle des trésors cachés : on y trouve un pré, des haies, un bois, une mare. En regardant mieux se dévoile une faune beaucoup plus variée qu'il n'y paraît. Il y a ce que l'on voit et ce que l'on devine: des traces d'animaux sauvages (lapins, chevreuils, des nids de pics verts, des terriers). C'est aussi un lieu de refuge et un garde manger pour les oiseaux, l'hiver; une zone de nidification, au printemps. Les hommes, les animaux domestiques, les animaux sauvages,les plantes, un univers vit en harmonie dans ce petit lieu près de chez nous. Un paysage de bocage tranquille mais changeant, à découvrir au fil des saisons. C'est donc une zone pleine d'intérêts que les élèves, à notre première sortie, ont appris à découvrir et à apprécier au travers de jeux (chasses au trésor). Nous attendons d'y retourner pour noter les différences en fonction de la saison.

Pour tout complément d’information, vous pouvez contacter le CPIE de Corcoué s/Logne ou la mairie ou accéder au site Internet.